Oui, notre implication est plus importante qu’avec NIRSpec. Nous avons testé, bien sûr, mais nous avons participé aussi au design et au développement de certains éléments du MIRI (Mid-Infrared Instrument). MIRI va regarder des objets froids et lointains (des galaxies, des étoiles, …) dans l’infrarouge moyen, de 5 à 28 microns. L’instrument est dédicacé aux faint objects, ces objets dont la luminosité est faible voire extrêmement faible, de telle sorte qu’ils ne peuvent être visibles que par leurs traces dans l’infrarouge. Pour remplir cet objectif, le JWST doit capter un maximum de lumière, c’est pourquoi il dispose d’un énorme miroir de 6,5 mètres de diamètre : un véritable entonnoir à photons ! Toute cette énergie lumineuse capturée sera redirigée vers les différents instruments.
Sur MIRI, le CSL a travaillé plus spécifiquement sur trois éléments. Le premier, c’est l’IOC, l’Input Optics Calibration unit. C’est comme un périscope qui capte la lumière qui transite par le télescope principal, et l’envoie vers l’instrument. Ce périscope a été développé conjointement avec une société flamande, OIP Space Instruments. Les miroirs ont été fabriqués par AMOS, et le CSL est intervenu pour le revêtement de surfaces. Le CSL a également aligné ce périscope au sein de MIRI, ce qui a été un travail long et assez compliqué. Ensuite, nous avons placé le périscope dans un cryostat afin de vérifier les performances de l’IOC à des températures cryogéniques.
Le deuxième élément est un double prisme, qui permet de séparer la lumière selon les différentes longueurs d’ondes. La lumière séparée rentre dans un sous-système de MIRI, le MIRIM, qui est l’imageur de MIRI. Les prismes ont été développés par Amos, et le CSL a surtout réalisé le revêtement de surface, outre des mesures de performances.
Enfin, troisième et dernier élément, le CSL est intervenu sur l’ICE, l’Interface Control Electronics. C’est le boitier électronique qui contrôle et pilote tous les mécanismes de MIRI. Dans ce cas, le CSL a étroitement collaboré avec la société Thalès Belgique. Nous avons ainsi participé au design et à l’intégration des cartes électroniques de ce boitier. C’est notre laboratoire électronique au CSL qui a réalisé cette prouesse technologique avec les équipes de Thalès Belgique.